Athar Jaber

Katana Libanga (monument for the unsung workers)
Athar Jaber (Belgique / Irak / Pays-Bas)
2019

Utilisée autrefois comme monnaie d’échange jusqu’à l’arrivée des colons, la croix du Katanga est aujourd’hui réduite à un artefact archéologique et à un souvenir vendu aux touristes sur les marchés locaux. Athar Jaber s’est inspiré de la forme des croisettes  exposées au Musée National de Lubumbashi pour recréer une croix à grande échelle dans le jardin du musée. Cette croix n’est toutefois pas en cuivre comme c’était traditionnellement le cas, mais est composée de déchets générés par l’extraction de minerais.

A travers Katana Libanga, Athar Jaber invite à un rappel de l’histoire du Congo et de la puissance de son passé dont témoignent les croix du Katanga, symboles d’une gloire et prospérité révolues. Jaber a également conçu son travail comme un hommage aux mineurs passés, présents et futurs de la région. Si ceux qui accomplissent de hauts faits et ont les moyens économiques de transmettre leur nom aux générations futures sont célébrés, on oublie souvent les sans-grades, frappés d’invisibilité  alors que leur vie-même est le fondement de notre confort quotidien. En tant que sculpteur, Athar Jaber a désiré les « extraire » de l’obscurité dans laquelle ils sont relégués, et de proposer une forme de réconfort à la communauté locale.

Athar Jaber est né en 1982 à Rome et de parents irakiens. Il a grandi entre Rome, Florence, les Pays-Bas et Anvers. Ses déplacements dans plusieurs pays et villes lui ont permis de se forger un sentiment d’appartenance par-delà les frontières géographiques. Cette notion a servi de cadre à sa pratique artistique, qui traduit un désir d’expérience humaine commune à travers les cultures et les époques. Athar Jaber cherche à explorer la condition contrastée de la violence et de la beauté qui ont joué un rôle important dans son développement artistique. Ayant grandi avec des images de la guerre du Golfe, des thématiques telles que celles de la souffrance et de la violence sont devenues inévitables dans son travail. Parallèlement, grandir à Florence lui a permis de développer une compréhension de la sculpture classique et de la quête de la beauté idéale.

Ses expositions personnelles récentes incluent Where Pain Devis Beauty (Palazzo Medici-Riccardi, Florence, 2015) et Offings (Musée National des Beaux-Arts, La Havanne, 2018) tandis que les expositions collectives auxquelles il a participé comprennent The Curated Space (Mall Galleries, Londres, 2016), 100 Chefs-d’œuvre de l’art arabe moderne et contemporain (Institut du Monde Arabe, Paris, 2017), Jerusalem Lives (Palestinian Museum, Birzeit, Cisjordanie, 2017). Il vit et exerce actuellement son métier d’artiste, de doctorant et de professeur de sculpture à l’Académie Royale des Beaux-Arts d’Anvers, en Belgique.

La participation d’Athar Jaber est soutenue par Arab Fund for Arts & Culture.